ARCHIVES

ARCHIVES :

20/10/06

nouvelles !

Bonjour !

Ca (va trouver un c cedille ou un accent sur un clavier allemand !!) y
est je suis a la lessing-schule d'ou je vous ecris. C'est completememt
fou. Je suis arrive hier soir a l'aeroport de dortmund et j'ai cherche a
prendre le bus pour la gare. Je suis tombe sur une jolie francaise qui
attendait que des amis viennent la cherche pour aller a ... Bochum. Du
coup il m'ont amene a la gare, nicquel. J'ai dormis chez mon tuteur qui
est absolument adorable et j'ai vu mes premiers cours aujourd'hui. Les
eleves sont d'un niveau hallucinant !! J'ai vu une classe de terminale
qui comme devoir a la maison doit traduire un article entier de
"l'express" !!
On doit aller aujourd'hui a mon appart, keine problem pour internet
c'est compris dans le loyer ! Il faut juste acheter le cable !!!

a bientot



24/10/06

Bonjour à tous !

voici de nouvelles nouvelles.
Je suis allé a saarbrücken pour faire mon stage de formation avec les
autres assistants. Le matin du départ, j'avais un arrangement avec ma
banque qui devait me permettre de retirer (enfin !!) 600 euros. Manque
de bol la personne qui m'a expliqué la chose s'était trompé dans le
montant que je devais demander, résultat : que dalle, et ma carte à
nouveau bloqué !!
Heureusement la compagnie de chemin de fer allemande prends les
paiements par carte visa (que je peux faire, mais la visa n'est
quasiment acceptée nulle part!!!).
Bon ent tout cas le stage était super (10 mecs, 140 gonzesses !!!!! Les
deux plus jolies sont à dortmund, a 20 minutes de chez moi donc, mais
comme c'est toujours pareil et que le monde est impossible, la première
est lesbienne et la seconde musulmanne pratiquante !!! Je me rabattrais
donc sur les allemandes, et toc !)
Pour mon problème de sou, j'ai demandé à mon père de m'envoyer un
chronopost avec de l'argent dedans car je n'avais meme pas de quoi payer
le stage (25 euros). Evidement, là encore le chronopost n'est pas arrivé
a temps et aprés moulte picole (il sont cool les autres assistants)je
suis rentré de saarbrücken aussi pauvre que j'en été partie. j'avais
appris en plus que le système banquaire allemand comprends en plus du
numéro de compte, un numéro de banque que je n'avais pas donné à la
mienne et que mon transfert avait donc de bonne chance d'avoir été
refusé.
Il pleuvait des cordes quand des assistants avec qui j'ai fait du
co-voiturage m'ont déposé devant une station de métro de Bochum,
joliment nommée la Wasserstrasse (Littéralement: rue de l'eau) !!
aprés un retour humide je suis allé à ma banque et là, bonne surprise,
mon virement est enfin arrivé !!! 1500 euros, vu le niveau de vie ici,
j'en ai au moins pour 2 mois meme aprés avoir remboursé tout ce que je
dois !!

Alors à la réflexion je propose de rebatiser l'allemagne "la bouletie"
ou Paradi des boulet:

- depuis que je suis ici sans le sou on m'a prété plus de 150 euros.
- il suffit de parler a une fille avec l'accent francais pour qu'elle
rougisse de plaisir.
- Le litre de bière est a moins de 50 centimes d´euros le litre en super
marché
- tous le monde est super gentil
- sur l'autoroute on peut slalomer entre les poids lourds à 180 !
- finalement c'est pas 12 heures que je dois travailler mais 12 cours
soit 9 heures par semaines... pour 700 euros par mois ca rivalise avec
les écluses !!

excelent pays vraiment !!!



06/11/06

Mensonges Allemand 1

Il faut se rendre en Allemagne pour comprendre certaines des
spécificités du peuple allemand. Et d'abord celle-ci : pourquoi
l'Allemagne fut-elle depuis toujours le berceau de l'idéalisme comme
l'Angleterre fut et demeure encore celle du pragmatisme ?
Voilà bien la question typique qui ne peut être résolu qu'après une
étude approfondie des mœurs allemandes. Car ce n'est qu'en constatant
les exercices auxquels on soumet ici chaque allemand, et cela, trois
fois par jour dés sont plus jeune age, que l'on comprend que la
philosophie allemande ne pouvait résolument être qu'idéaliste.
Les commentateurs, toujours avides d'interprétations saugrenues, sont
allés chercher bien loin la signification profonde de la philosophie
kantienne. S'emmêlant dans des problèmes concernant la fondation de la
connaissance, ils sont manifestement passés à coté du sens originaires
de l'idéalisme, au point de le rendre tout à fait incompréhensible à
tout lecteur qui ne s'est pas rendu une fois en Allemagne. Pour celui
qui au contraire, soucieux retrouver l'expérience fondatrice de
l'idéalisme kantien, entreprend ce pèlerinage, la solution saute alors
au yeux.
On ne peut en effet que constater qu'en ce pays le moindre repas suppose
de faire le plus totalement du monde abstraction de ses sens. Et, le
malheureux voyageur imagine fort bien Kant, déployant au moment de
passer à table des trésors de concentration pour tenter de se rendre à
peu prés aussi réceptif qu'une amibe, parvenir ainsi à cette sublime
conclusion porteuse de vérité pour des siècles encore de philosophie
gastrique : là, assis, devant ce machin, ce truc, cette chose, l'univers
apparaît soudain immense et le temps infini.
Chacun sait que Kant était moche, petit et mal foutu. Comment ne pas y
reconnaître la marque la plus évidente de la plus cruelle malnutrition ?
Même chose pour Nietzsche qui chercha toute sa vie à devenir aveugle (ou
quelques biographes douteux nous contrediront t'il encore, plus soucieux
qu'ils sont de porter à la controverse que de rétablir une quelconque
tangible vérité ?) pour ne plus avoir à contempler trois fois par jour
sa misère ; et qui, finalement, dû s'exiler – fuyant à n'en pas douter
les effluves nauséabondes, pour ne pas dire nauséeuses, d'une centaine
de millions de couverts allemands servis quotidiennement.


06/11/06

Mensonges allemands 2

Inscription sur la porte d'une terrasse de café universitaire allemand :
« S'il vous plaît ne ramenez pas vos consommations au bar après les
avoir consommées, une personne est chargée de le faire »

Aux français on demanderait plutôt de ramener leurs verres après
consommation, en se disant qu'après tout il y aura bien dix pour cent
d'imbéciles pour le faire et que c'est toujours ça de travail en moins.
Mais ici non ! Ici, il faut dire aux allemands de ne surtout pas ramener
leur consommation ! Car sinon ils prennent le bar d'assaut, en rang
d'oignons avec leur verre, leurs couverts en plastique et leur petites
serviettes en papier à la main. Pour finalement vous demander avec un
grand sourire, qui une éponge, qui un ballet, quand ce n'est pas une
serpillière !
Il faut dire qu'ici, c'est culturel, tout se ramène. Excepté sa gueule
bien sur. On a en France depuis longtemps perdu l'habitude des
bouteilles de verre consignées et même les « récup verre » se font
parfois rares. Ici, il faut savoir que même les bouteilles en plastique
sont quasi systématiquement consignées.
Voyant l'autre jour dans le supermarché qui se trouve juste en bas de
chez moi un bac où s'accumulaient des bouteilles en plastique vides, je
rapporte mon pack de bouteilles de bières vides… (Non, il ne faut pas
dire que les allemands sont des barbares juste parce qu'ils vendent de
la bière dans des bouteille en plastique. Vu la consommation nationale
de bière, habituellement vendu dans du verre, il faut savoir que
l'Allemagne est déjà le premier importateur de sable au monde – ils
essayent de faire des économies. Voilà tout.) Consciencieux, je rapporte
donc mes bouteilles, les jette dans le bac, quand la caissière se dirige
soudain vers moi en disant des choses qu'on ne comprend pas parce que
c'est de l'allemand.
Moi évidemment je m'inquiète… Jetant rapidement un coup d'œil dans le
bac je tente de déceler si, par hasard, les bouteilles qui s'y trouve
déjà en nombres suffisant pour construire une reproduction grandeur
nature de la tour Effel, ne comporte pas quelque mystérieux signe
distinctif – étoile jaune par exemple – dont ne serait pas pourvues les
miennes. J'imagine un instant le cauchemar de devoir plonger dans cet
océan de polymère, sous les ordres d'une caissière nazi, et ce jusqu'à
ce que je réussisse à extirper mes six malheureuse bouteilles de cette
masse redoutable – jusqu'à ce que mort s'ensuive donc.
Lors, tandis que je gamberge joyeusement, et continuant son gazouillage
qui semble pourtant bienveillant, la caissière arrive à ma hauteur et
termine ce qui devait être une phrase en tendant sa main vers moi comme
pour me donner quelque chose. « Peut-être une bouée de sauvetage
miniature à gonflement instantanée » me dis-je en moi-même en tendant
machinalement la main.
Et dans ma main tendu la caissière dépose deux petites pièces de vingt
centimes avant de retourner à sa place continuer de passer les articles
d'un client…

Il y a vraiment des jours ou l'on se sent bête.



17/11/06

Les assistés de l'assistanat ou la boulétologie de la morale

Bonjour à tous,

Je suis parti la semaine dernière à Düsseldorf pour la formation des
assistants. Arrivé là-bas en train on nous a d'abord offert une «
collation » (une sorte de soupe à la choucroute, je crois que je suis le
seul à en avoir mangé, théoriquement je devrais donc être le seul à
pouvoir m'en plaindre…), puis on a eu une présentation de l'histoire de
la région (Nordrhein-Wesfallen). Puis présentation assommante du système
scolaire allemand et de ce que l'on est censé y faire (théoriquement,
parce qu'en fait… bon...). Là-dessus, ils nous offrent une tasse avec le
nom et le logo de la région marqué dessus. A chacun de nous. On était
100. Si les allemands savaient où leur fric passe….
Suivent, deux jours de visite, notamment après s'être tapé 1H30 de train
pour aller à Düsseldorf, on prend le bus pour… Bochum. Retour à la case
départ ! Il y a là un musée de la mine aménagé dans une ancienne mine
(une des dernières mines de charbon à avoir fermée (en 2000) avec un tas
d'équipement super moderne pour l'exploitation du minerais).
Egalement, visite à Duisburg d'une ancienne usine de gaz absolument
monstrueuse (au moins un kilomètre carré !) reprise par des
soixante-huitards et reconvertie en … parc de spectacle, d'attraction et
de loisirs en plein air (les Pink Floyd y ont joué ainsi que U2 et plein
d'autres…) ! Il y a vraiment une ambiance extraordinaire en ce lieu,
avec des éclairages de couleurs et un coté monstre endormi absolument
superbe…
A noter aussi une promenade en bateaux sur le Rhin (et oui, on l'a ici
aussi), coût pour le contribuable allemand ? 1000 €.
Enfin, un promenade de 2 heures à pied dans le quartier moderne de
Düsseldorf qui est un joyaux d'architecture.
Le tout évidement ponctué de repas et de nuit dans une auberge de
jeunesse (entièrement rincés par le Berzigsregierung, le conseil
régional local) plus, petit aditif individuel à la balade, les nuits de
beuverie jusqu'à deux heures du mat avec les autres assistants.
Point particulièrement intéressant, j'ai rencontré un assistant
américain qui est à Dortmund, vingt minutes de chez moi, et qui lit du
Michel Foucault, l'auteur sur lequel je travaillais l'an dernier… Il
apprend aussi le français et parle très bien allemand… Du coup,
discussion de deux heures, en allemand, français, philosophie et
anglais.
Finalement, on nous rembourse ce qu'on a payé pour venir en train plus
le retour (parce merde aussi ! Faut pas déconner non plus !). Puis vingt
minutes de discussion sur notre travail. Le tuteur nous a demandé des
exemples de ce qu'on faisait dans nos écoles en tant qu'assistants de
langue, on était emmerdés parce qu'on osait pas lui dire qu'on fout rien
ici…

En fait, je dois m'inscrire à la fac car j'en ai discuté avec les autres
assistants et il y a énormément d'avantages (entre autres transports
gratuits, sports, cours d'allemand pour les étrangers…). Je vais donc à
la fac ce matin pour essayer de m'inscrire… Je trouve le bureau à une
vitesse incroyable et la femme me dit :
« Vous ne pouvez pas vous inscrire ! Il fallait le faire en juillet. Et
puis il faudrait le papier de votre Bac et les attestations des vos
études postérieures, il faudrait aussi une attestations qui prouve que
vous avez le niveau d'allemand nécessaire pour suivre les cours. »
Evidement, j'ai rien pris avec moi, et pour ce qui est de mon niveau
d'allemand…
« - Sinon, ajoute t'elle, vous faite quoi en Allemagne »
Et là je prononce le mot magique :
« - Fremdsprachenassistent » (assistant de langue étrangère)
« - Ah ! Mais ! Qu'elle me dit, il fallait le dire tout de suite, c'est
bon signez là et remplissez la formulaire, vous n'avez pas besoin
d'attestations, marquez juste l'année de votre bac et ce que vous avez
fait comme études supérieures. » !!!
 Ce qui est con c'est que j'étais tellement abasourdi que j'ai même pas
pensé à m'inscrire en thèse ! Après tout puisque que l'on ne me
demandait aucun justificatif, j'aurais dû !
Alors maintenant j'ai compris ! Partout au je vais, première chose :
« Ich bin Fremdsprachenassistant ! »
Partout !
« Bonjour ! Un paquet de Malboro s'il vous plaît ! Ah ! Mais attention !
Hein ! Je suis assistant de langue ! »
Les gens me regardent bizarrement, je comprends pas…

Enfin me voilà inscris en philosophie, je ne sais même pas encore en
quelle année ils vont me mettre. Je me demande bien ce que je
comprendrais le mieux en cours : L'allemand, le grecs ou le latin ???!
(Pour peu qu'il ait ici un Jean-Marie Vaysse local …)


Sinon j'ai rencontré des kurdes ! Visiblement, c'est une spécialité
locale ici. J'ai même un copain assistant qui dans sa classe a un kurde,
un kosovar et un tchétchène ! Première chose en arrivant en cours tous
les matins : vérifier qu'il n'y ait pas une bombe sous le bureau….
Les miens de kurdes, ils apprennent le français donc je devrais avoir
trois ou quatre tandems de plus (et encore des filles belles mourir !)

Voilà pour les dernières nouvelles,

A bientôt à tous et travaillez bien : la France à besoin de vous !


Jean-louis de Bochum.



24/11/06

L'internationale des Boulet

Boujour !

Voici le futur hymne pour la révolution du boulétariat !
il faut absolument trouver la suite

L'internationale des boulets:

Debout les enfants de la flemme !
Debout les forçats de la soif !
Le monde n'est qu'une grande farce.
Nous ne sommes rien, soyons rien !

C'est la lutte pour que dalle !
groupons nous et demain
Le : "t'as pas cent balles ?"
Sera le genre humain

ta ta tata


à bientôt...


07/12/06

Was für ein Scheißsprache !
En explorant les archives de la liste de diffusion des assistants (qui a
dit que je n'avais que ça à foutre ?), j'ai trouvé ceci:

"Fastoche, les langues !


Voici une note pédagogique pour vous convaincre de l'utilité
évidente de connaître des langues étrangères.

Et vive l'Allemand !
La langue allemande est relativement facile. La personne qui le sait
et est habituée à faire des déclinaisons, l'apprend sans grande
difficulté…
C'est en tous les cas ce que disent les professeurs d'Allemand lors de
la première leçon…

Ensuite on commence à étudier le der, des, den, dem, die, et ils
disent que tout est une suite logique. C'est donc facile.

Pour s'en rendre compte, on va regarder un cas d'un peu plus près :
En premier, vous achetez le livre d'Allemand. C'est un livre
magnifique recouvert de toile, publié à Dortmund et qui raconte les us
et coutumes des Hottentots (auf Deutsch : Hottentotten).

Le livre raconte que les kangourous (Beutelratten) sont capturés et
placés en cages (Koffer) recouvertes d'un treillage (Lattengitter)
pour les avoir à l'oeil. Ces cages s'appellent en Allemand cages
recouvertes de treillage(Lattengitterkoffer) et lorsqu'elles
contiennent un kangourou, ça s'appelle Beutelrattenlattengitterkoffer.

Un jour, les Hottentots arrêtèrent un assassin (Attentater), accusé
d'avoir tué une mère (Mutter) hottentote (Hottentottenmutter), mère
d'un fils bête et bégayeur (Stottertrottel). Cette mère se dit en
allemand :Hottentottenstottertrottelmutter, et son assassin
s'appelle:Hottentottenstottertrottelmutterattentater.

La Police capture l'assassin et le met provisoirement dans une cage
à kangourou (Beutelrattenlattengitterkoffer), mais le prisonnier
s'échappe. Tout de suite commencent les recherches, et soudain vient
un guerrier Hottentot en criant :
- J'ai capturé l'assassin (Attentater).
- Oui ? Lequel ? demande le chef.
- Le Beutelrattenlattengitterkofferattentater, répond le guerrier.
- Comment ? L'assassin qui est dans la cage à kangourous recouverte
de treillage? demande le chef des Hottentots.
- C'est, répond l'indigène, le
Hottentottenstottertrottelmutterattentäter
(l'assassin de la mère hottentote de l'enfant bête et bégayeur).

- Mais bien sûr, répond le chef Hottentot, tu aurais pu dire tout
de suite que tu avais capturé le
Hottentottenstottertrottelmutterbeutelrattenlattengitterkofferattentäter
!

Comme vous pouvez le constater, l'Allemand est une langue facile.

Il suffit de s'y intéresser un peu !
Bonne journée
Rachel, Kulmbach"

Sans commentaire
(en français on dit : quelle langue de merde !)
à bientôt
jl


24/12/06

De nouvelles Allemagnes

Bonjour à tous,

Cette fois je commence à découvrir les spécificités de l'Allemagne. A
l'école par exemple. Première différence, la pub. Il y a de la pub dans
l'école. Des banques, des opérateurs téléphoniques, des magazines… Ca
fait bizarre, mais d'un autre coté, les écoles sont incroyablement
équipées. Par exemple, ils ont plusieurs « bimer » que je ne sais même
pas comment ça s'appelle en français car je n'en avais jamais vu avant.
Il s'agit d'un appareil permettant de faire des présentations
multimédia. Du coup j'en ai profité pour me mettre à power point, j'ai
fait une présentation sur Toulouse…
Autre différence, la façon d'enseigner. Les élèves sont toujours pris
comme un groupe. Il n'y a pas cette position française du prof qui
enseigne aux élèves qui écoutent. En fait les élèves sont en permanence
sollicités dés que l'un d'entre eux fait une erreur. C'en est au point
que les élèves ont même des cours de pédagogie pour apprendre à se
diriger entre eux et à s'expliquer ce qu'ils ne comprennent pas. Pour
les cours de langues, il n'est pas rare de laisser les élèves entre eux
se débrouiller seuls en petits ateliers… C'est vraiment étonnant.
Il est vrai que je suis dans un « gymnasium » c'est-à-dire un
lycée/collège pour les meilleurs élèves. En Allemagne la séparation
entre les cursus intervient beaucoup plus tôt qu'en France. Dès la fin
du primaire, en fonction du dossier l'élève est envoyé en « gymnasium »
pour les meilleurs avec la possibilité de passer « l'Abitur »,
équivalent du BAC, ou en « gesamtschule » pour les moins bon qui peuvent
théoriquement passer l'Abitur eux aussi mais qui dans les fait ne le
passe quasiment jamais. Quand on nous a demandé dans quelle classe on
était lors de notre stage à Düsseldorf, on a d'ailleurs pu constater que
le choix de notre affectation ne semble pas poser de gros problèmes
moraux aux autorités du Nordrhein-Wesfallen. Je ne connaît pas la
proportion exacte de gymnasiums par rapport aux gesamtschules dans notre
Land mais il faut savoir que sur 100 seulement trois d'entres nous
étaient affectés en gesamtschules. C'est-à-dire qu'encore une fois il y
en a que pour ceux qui n'ont pas de grosses difficultés et que les
autres n'ont qu'a se démerder. Pouf, Pouf…
Autre différence notable, les profs. Ici, ils sont payés dans les 3000
€, mais bossent comme des mules ! Pour commencer, ils enseignent deux
disciplines. Ce qui n'est vraiment pas évident. Ensuite, il n'y a
absolument aucun surveillant dans l'établissement. C'est uniquement aux
profs de se démerder pour faire la surveillance. Evidemment ils sont
complètement débordés et encore je suis dans un lycée relativement
tranquille. J'ai quand même vu un gosse se faire raquetter l'autre jour.
Et il y a un mois, un gosse d'un lycée de je sais plus quelle ville a
déchargé un pistolet sur ses camarades. Plusieurs morts.
Mais bon. Il y a aussi des avantages. Par exemple les relations entre
les profs et les élèves sont étonnamment informelles. Car finalement il
n'y a pas du tout cette distance instaurée par plusieurs niveaux de
hiérarchie comme en France. J'ai un collègue à Bochum qui est en
gesamtschule, et qui dés la première semaine sortait tous les soirs avec
ses élèves !
L'université présente également de grandes différences avec la France.
Pour commencer c'est l'université et non les universités. Et oui ! En
Allemagne ils n'y a pas de différence entre les disciplines, elles sont
toutes traitées de la même manière. Alors la plus visible conséquence de
ça c'est que les campus sont absolument monstrueux. La fac de Bochum
fait environ dix fois la superficie du Mirail… Mais la conséquence la
plus étonnante c'est ce qui en résulte sur les esprits. Il n'y a pas
comme en France toute cette compartimentation des disciplines. Il y a
des élèves de sciences qui prennent des options en lettres ou l'inverse
sans que personnes n'y trouve rien d'étonnant… D'ailleurs les profs de
mon gymnasium reflètent bien cela, avec des profs qui enseignent les
maths et l'allemand, l'histoire et la physique, etc… A contrario il est
incroyable de voir comment en France un simple partage administratif a
pu aboutir à une telle opposition entre des disciplines qui n'ont en soi
pas tant de différences fondamentales.
Pour ce qui concerne la philosophie et après avoir jeté un œil aux
programmes, c'est là encore assez surprenant. Des auteurs qui ne sont
pas du tout enseignés dans les universités Françaises bien qu'ils soient
français, se voient ici consacrer plusieurs cours. Visiblement les
Allemands adorent Sartre, il y a trois cours de licence sur lui. Même
Camus qui en France n'est pas vraiment considéré comme un philosophe, se
voit consacrer un cours : « Nietzsche lu par le jeune Camus ». Et même
les « nouveaux philosophes » soulèvent quelque intérêt, ils est vrai
limité mais réel !
Bon, il y a quand même une justice : ici Montebello est un nom de
chien !
Par contre, des auteurs allemands, dont l'université française ne se
lasse pas de présenter des analyses, semblent ici tout à fait ignorés,
voire franchement méconnu. Nietzsche, est toujours soupçonné de nazisme,
et Heidegger c'est même pas la peine d'en parler ! Plus étonnant Husserl
est également totalement ignoré, au profit de Sartre ce qui est quand
même un comble !

Pour ce qui concerne les fêtes je reste finalement en Allemagne.
Presque. Pour le nouvel an je pars à Zagreb en Croatie. Je participe là
bas aux rencontres internationales de Taizé, une communauté œcuménique
qui organise des débats et des prières avec des jeunes venus de la terre
entière. On attend dans les 40000 personnes. Je vais là-bas avec un
groupe d'allemand. Pendant une semaine.

Je vous souhaite à tous un excellent réveillon et une très bonne année
2007

A très bientôt
jl


21/01/07

De la Croatie dans l'Allemagne


Bien Chers Tous,



Je vous souhaite d'abord une bonne année. J'en profite pour vous envoyer
de mes nouvelles, puisque certains d'entres vous commençaient à râler
gentiment pour avoir une nouvelle page jean-louiesque (Denis nous dira
je l'espère si c'est bien selon cette règle euphonique que le morphème
"esque" peut être rattaché à mon prénom...)

Je commence à peine à me remettre de mes vacances qui furent assez
extraordinaires, surtout si on les compare avec mon réveillon de nouvel
an dernier passé à l'hôpital...

J'ai commencé par fêter Noël avec mon tuteur et sa femme. La femme de
mon tuteur est arménienne et nous a donc préparé un repas avec
spécialités arméniennes et allemandes. Pour compléter le caractère
international du repas je leur ai fait des crêpes ! Ce fût assez
physique car les poêles à crêpes sont ici en fonte et beaucoup plus
grandes qu'en France ! Puis ils m'ont offert un CD d'un chanteur
extrêmement connu en Allemagne (c'est une sorte de Halliday local mais
en mieux...) qui est né à Bochum et qui, un peu comme Nougaro, a fait
une chanson sur sa ville natale. En plus, tous les professeurs de mon
gymnasium se sont cotisés pour m'offrir un magnifique livre plein
d'images sur l'Allemagne ! Puis, mon tuteur et sa femme ont regardé le
discours du président Allemand à la télé. C'était beaucoup plus
intéressant qu'en France parce qu'au moins là je n'y comprenais
absolument rien ! Cela dit ils ne s'emmerdent pas beaucoup avec la
laïcité ici : le discours a eu lieu durant la messe de minuit et en
direct de la grande église de Berlin ! (J'avais déjà remarqué que
les jours de fêtes religieuses, les écoles étaient fermées pour
permettre aux pauvres petits d'aller prier pour le salut des bigots !).

Alors ensuite je me suis soudain souvenu que je voulais aller à Zagreb
et qu'il faudrait peut-être s'en occuper... Finalement j'ai trouvé un
billet d'avion et un groupe d'allemands qui partaient eux aussi au
rencontre internationales de Taizé (ils étaient deux ça fait bien un
groupe !). A Cologne une fille de la région s'est jointe à nous. Deux
heures et demie plus tard nous étions à Zagreb... Cette ville donne
vraiment l'impression d'être en plein changement ! Les vieux buildings à
l'esthétique communiste (des gros des cubes quoi !) y côtoient des
bâtiments ultramodernes. Le plus amusant c'est le tramway qui alterne
les rames très anciennes (très jolies mais il faut bien se tenir, ça
fait très fête foraine...) avec des trucs tout récent qui amortissent
parfaitement les chocs. Toujours est-il que de toute façon à partir du
moment où on est arrivé on a commencer à foutre un sacré (si, si!)
bordel la dedans ! Les gens devaient parfois attendre le passage de
trois rames avant de pouvoir prendre le tramway ! Il faut dire que l'on
était 40000 (il paraît que ce n'est pas beaucoup pour des rencontres
internationales de Taizé...). Et notamment il y avaient beaucoup de
polonais (8000).



C'était un peu la panique au début parce que je m'étais
inscrit comme allemand venant avec le groupe que j'avais trouvé à Bochum
et que du coup je me suis retrouvé avec des allemands en permanence.
D'autant que le groupe a très rapidement explosé pour rejoindre des
groupes de travail différents. Après une visite involontaire de la ville
avec les transport en comments, pardon, en communs; où j'ai eu
l'occasion de tomber sur plein de français du groupe de prière de
Toulouse; je suis arrivé dans ma paroisse. J'ai été accueilli par une
famille avec deux jeunes filles allemandes et deux polonais.

Au premier abord, j'ai eu un peu l'impression de débarquer 15 ans plus
tôt chez ma grand-mère paternelle esthétique campagne avec des
crucifix dans toutes les pièces i tutti quanti ! Au moment de passer à
table j'allais attraper ma fourchette quand je m'aperçois que tout le
monde autour de la table viens de prendre un ait cérémonieux en
disant des trucs qu'on comprend pas parce que c'est du croate... Was ist
das denn ? Ils étaient en train de prier...

Mais passé la première impression on peut dire que ces gens là savent
recevoir ! C'était vraiment fabuleux ! Et la soeur de la personne qui
nous recevait faisait des petits chocolats absolument
délicieux ! L'ambiance était vraiment festive. Tout le monde n'arrêtait
pas de me charrier parce que après presque 3 mois d'Allemagne, je
n'arrivais plus à parler anglais. Ca donnait un espèce d'allemand mêlé
d'anglais complètement indigeste. Pour faciliter encore les choses, la
soeur de la personne qui nous recevait était une ancienne prof de
français (elle parlais avec un léger accent du ... nord de la France !).
J'ai passé ma semaine à parler en trois langues !! J'ai cru que ma tête
allait exploser !

Après la prière du matin, on a rencontré un jeune homme de notre
paroisse qui nous a fait visiter la ville pendant toute la semaine !
Cette ville est vraiment très belle avec notamment des couleurs très
particulières pour certains bâtiments. Mais au delà des différentes
choses que j'ai pu voir là bas c'est surtout le "Taizé spirit" qui s'est
avéré encore une fois plein de surprise. Par exemple, pendant notre
promenade avec ce jeune croate nous tombons sur la place commerciale
centrale de Zagreb sur une fille attendant au milieu du passage avec un
panneau : "Free Hugs". On demande à notre guide qu'est-ce que c'est.
"ah ? Vous ne connaissez pas ? C'est un slovène qui a inventé ça !
Venez". "Free Hugs" autrement dit "Câlins gratuits !" et la jeune fille
attend tout l'après midi pour simplement serrer bien fort tous ceux qui
le souhaite dans ses bras ! (Évidemment quand on s'est rués sur elle à
vingt, ça ressemblait plus à une mêlée du Stade Toulousain, mais bon...
c'est l'esprit qui compte ! Alors bon j'ai décidé de m'y mettre moi
aussi je vais faire ça à Bochum...


Pour le nouvel an j'ai à nouveau fait des crêpes, et je n'ai jamais
mangé des crêpes aussi bonnes. Car les normes sont beaucoup moins
strictes pour le lait et les œufs. Quand elle m'a donné des œufs
entièrement blanc, je me suis demandé d'où ils sortaient… Mais non en
fait les vrais œufs sont blancs comme le beurre d'ailleurs et la farine
est jaune !

Parmi les polonais que j'ai rencontrés j'en ai trouvé deux qui aiment
bien faire du vélo. Quand je leur ai dit que je projetais de traverser
l'Europe en vélo, ils m'ont dit : "Oui bien sûr ça serait génial ! Mais
pourquoi partir de Toulouse pour aller à St Petersbourg ? Il vaudrait
mieux que l'on fasse ça ensemble en partant de ... Gibraltar !". Tarés
de tous les pays, unissez-vous !

La fin du voyage fût particulièrement émouvante. Car je n'avais pas
d'avion avant le 3 et je suis donc resté deux jours de plus avec ma
famille d'accueil, et seul cette fois. Moi qui n'avais pas eu beaucoup
l'occasion de discuter avec eux, j'ai passé deux nuits à discuter avec
eux de l'histoire de la Croatie et des Croates. C'était vraiment
passionnant. D'autant que ces gens sont extrêmement attachés à leur
histoire, et en garde malheureusement beaucoup de rancoeurs... Par
exemple, le pape avait demandé aux croates d'arrêter la progression de
l'empire turque (musulmans) vers l'Europe. D'où d'ailleurs Croates qui
vient de Chrétiens. Les turques eux, quand ils sont arrivés en Croatie,
leur ont dit qu'ils s'en foutaient et qu'ils voulaient "juste" envahir
l'Europe, mais que si les croates les laissaient passer ils ne les
emmerderaient pas. Seulement ces cons de croates ils ont répondu: « Ah
ben non alors ! Nous on est des bons chrétiens, on va vous casser la
gueule ! Vous ne passerez pas ! » Aie aie aie : Mauvaise réponse ! C'est
pourquoi la Croatie a cette forme ridicule en forme de fer à cheval ! En
fait c'est tout ce qui reste des croates après la guerre contre les
turcs ! Donc après deux siècles de baston avec les turcs (qu'ils ont
effectivement bloqués mais qui les ont quand même bien dessoudés et ben
ils ont eu quoi en récompense ? Que dalle ! Et en plus tout le monde
s'en fout de la Croatie ! Du coup ils sont assez énervés contre
l'Europe. C'est aussi pourquoi ces rencontres de Taizé étaient
extrêmement importantes pour eux. Ils avaient enfin l'impression que
l'on s'intéressait un peu à eux !


Cela dit du coup c'est devenu un peuple de guerriers ! Napoléon les
aimait beaucoup ! Il aurait dit : « Donnez-moi cent mille croates et je
conquérrais le monde » C'est de la aussi que viennent les cravates.
Parce qu'il a fait venir des guerriers croates en France et ils
portaient des foulards noués avec un nœud de cravates. Et comme ça a
beaucoup plût, les gens ont repris le truc mais comme Croates c'est un
peu imprononçable c'est devenu cravate…

Alors je suis quand même rentré sur un mon petit nuage pour reprendre
les cours. Et je me retrouve avec des correspondants en Allemagne, en
Pologne et en Croatie… Les deux filles allemandes qui étaient avec moi
dans ma famille d'accueil m'ont proposé d'aller les voir à Iena en Mai
pour visiter ... l'université où a enseigné Nietzsche !! Pas mal pour
des chrétiennes !!

Alors bon je reprends les cours depuis deux semaines. Cette fois j'ai
demandé aux profs de passer la vitesse supérieure parce que ça devient
un peu ennuyeux, je vais faire plusieurs exposés dans deux semaines…


A bientôt pour de nouvelles nouvelles…

jl




28/04/07

Cause toujours le bon dieu...

Cher tous,

Et bien je n'ai pas donné beaucoup de nouvelles ces derniers temps. Je
crois que je suis enfin arrivé à la phase dépressive du séjour à
l'étranger. Normalement ça intervient après trois mois d'euphorie. J'ai
donc quand même réussi à tenir un mois de plus...
Cela dit maintenant ça va mieux. Alors par contre il y a un paquet de
choses qui se sont passées entre temps.

Alors d'abord en février nous avons eu les correction du Delf. Le Delf
est un examen organisé par l'institut français et qui porte sur le
niveau de français. Ca permet entre autres avec un certain niveau de
s'inscrire dans une fac française sans avoir à passer tout un tas de
tests. Bon alors comme ils ne trouvent jamais assez de correcteurs
(10000 candidats rien que dans ma région !!) on demande à ces pauvres
assistants de français exploités que nous sommes de participer aux
corrections). Il faut dire qu'on nous paye quand même 13 euros de
l'heure alors bon il y en a pas beaucoup qui refusent... Et alors c'est
la grosse fête ! En fait il n'y a quasiment que nous qui corrigeons ce
machin et on s'est donc retrouvé à 40 à Düsseldorf logés au frais de la
princesse dans une auberge de jeunesse ! Programme le matin et l'après
midi correction des écrits (mais on est payé à l'heure et non à la
copie... et plus ça dure, plus on est payé... Alors ça va pas très
vite!!!) et puis restaurant et restaurant et le soir on picole jusqu'à
pas d'heure !!! Düsseldorf étant une très belle ville plein de bars
sympas, ça n'enlève rien au charme !!



Mais le top c'est les oraux ! Pour le boulot c'est pas terrible (40
personnes par jour minutées toute les dix minutes - au secours ! on a
tellement entendu de conneries que l'on ne savait plus parler français à
la fin de la journée !) Alors, par contre les oraux se passe un peu
partout dans la région ce qui nous permet de faire du tourisme chaque
fois guidé par les jolies assistantes/assistées du lieux...) + picole
évidemment. Il y a eu six dates en tout et on était quand même bien
crevé à la fin (mais 1500€ à la clé...) d'ailleurs ça reprend le cinq
Mai ce bordel.

Alors tout ça, picoler entre amis, ça crée des liens... C'est à dire
qu'après il y a des gens qui vous réinvitent pour repicoler. Et alors là
tout change parce qu'on rencontre encore d'autres personnes qui... et
alors bon, après on achète quand même de l'aspirine. Bon mais ce qui est
quand même intéressant c'est que du coup j'ai pu commencé à draguer en
allemand ! Et alors j'ai rencontré une fille qui m'a gentiment dis non
mais qui m'a quand même invité à la rejoindre à Münnick l'an prochain
pour la fête de la bière (octobre, histoire de bien commencer ma
prochaine année d'assistanat ! (Ah parce qu'évidement je repars l'an
prochain ! Je viens de recevoir ma réponse à priori ce sera encore dans
le Nordrhein-Westfalen).

C'est après ça que j'ai commencé à faire un peu ma taupe... Faut dire
que poursuivant mes délires sur la Croatie, je me suis avalé illico deux
énormes pavés sur l'histoire de la Croatie de l'antiquité à nos jour !
Bon alors c'est un bordel innommable ce truc ! j'ai écris à l'auteur
parce que son bouquin à une forme plutôt étrange (pas de bibliographie,
aucune sources citées, truffé de considération morales) tout en étant
plutôt bon. Il m'a expliqué qu'il avait écrit ça pendant la guerre et
qu'il faudrait maintenant réécrire un bon ouvrage , mais que ça
n'intéresse personne !
Bon je crois que je commence à voir ce qu'il me reste à faire...

Alors après pour m'occuper à faire des choses inutiles en déprimant tout
seul dans ma chambre, je me suis mis à linux ! Et ben ça aussi c'est un
sacré bordel, je me suis rendu compte que j'étais complètement débutant
en informatique !!! Mais bon, c'est une position que j'aime bien
prendre, au moins je continue à apprendre des trucs.

Ensuite, nous sommes allés à Amsterdam avec des amis
assistants/assistés. Là encore ça ne fût pas triste car à peine arrivé
nous avons mis nos valises à l'hôtel (nous dormions dans une péniche !!)
et à peine de retour nos deux voitures avaient hérités d'une magnifique
paire de sabots !!!
Donc 200 € plus tard nous avons visité cette ville qui est vraiment
magnifique. Entre autres le musée Van Gogh est absolument génial. Comme
quand je suis allé avec ma mère à Amsterdam j'avais l'impression de
découvrir la peinture. On s'est vraiment beaucoup amusé !!


Mais ce qui m'a définitivement remonté le moral, c'est mon dernier
passage à Taizé qui fut d'une absurdité peu commune... Comme je n'avais
plus un sou après le week-end à Amsterdam j'ai décidé d'aller là-bas en
stop (700 km). Je me suis finalement un peu dégonflé et j'ai trouvé sur
un site de co-voiturage (ce qui se fait beaucoup en Allemagne) un gars
qui allait de Düsseldorf à Montpellier en passant pas Lyon. On s'est mis
d'accord pour qu'il me laisse à la sortie de l'autoroute pour Taizé et
j'ai même un peu conduis. Ca m'a coûté 25 € et il ne me restait plus que
40 km à faire en stop. Je me disais que de toute façon il y aurait bien
des gens parmi les milliers de personnes qui vont là-bas à Pâques pour
m'amener.

Alors effectivement au bout d'une demi-heure je vois s'amener une
camionnette pleine à craquer de scout! Il en avait qui dépassait de
partout et de toutes fenêtre sortaient des têtes :
"désolé, on a vraiment plus de place !
- ben oui, je vois !"

Et puis une demi-heure après m'est arrivé la rencontre la plus
improbable au monde !! Il arrive un camion citerne absolument monstrueux
et j'aperçois vaguement le conducteur me faire signe et le camion
s'arrête...
Je m'approche de la bête et j'ouvre la porte et :
"Maâa ! Tou vas à Taizé !! Tou connais lé chémin pour allé là-baâaas ?
(Un italien complètement surexité qui me parle avec ses mains)
- Euh oui, mais je connais pas le chemin, enfin il suffit de lire les
panneaux...
- Maâa ! Tou sé si l'on peut lé garé lé camione là-bas ?
- Ca je sais pas ...
- Maâa ! Y zont des bous là bas, no ?
- Ah oui oui...
- Maâa qu'est-ce qué tou mé raconte là ? Maâa si y zont lé bous là bas,
y zont aussi lé place pour lé camione, no ? Allé monte qué yé touyours
révé d'allé las bas mé qué yé yamais ou lé temps, aujourd'hui yé lé
temps on y va ensemble !!!!"

bon alors je monte dans le machin (le mec : crane rasé, des tatouages
énormes sur les biscotos. A peine je m'installe qu'il reçoit un coup de
téléphone (visiblement sa femme) : "Ma si, mi amore ..." J'ai plus ou
moins compris qu'il lui disait qu'il était sûr de ses sentiments et puis
finalement il commence à lacher le volant pour pouvoir lui expliquer
davantage avec les mains... et il fini par raccrocher. Ma tou sé lé
femmes alors c'est compliqué ça hein ! Ma yé croyé qué celle là c'était
la bonne, ma non... il va falloir qué yé m'en trouve oune autré !!!
(bon là évidemment je commence à me dire ce mec est absolument fou donc
tout va bien !!!!
Alors après il a voulu que je lui explique un peu Taizé... Et arrivé à
l'histoire des 70000 personnes qui y allait dans les années soixante dix
il m'arrête et il me dit :
"Ma, et tou té démande si on peut garé lé camione la haut ? Ma tou crois
qué zi sont monté à pieds les 700000 personnes, no ?

bon...

La route devenant de plus en plus étroite et mal foutue il fini par me
dire : "Ma, tou sé ? J'ai régardé sur lé plan c'est short la route pour
aller là-bas... Et tou crois qué les 20 personnes qui attendent dérière,
c'est pour counté les pâquerettes ?
- quelles personnes ?
- ma là dans lé rétro

Certes, il y avait bien quinze bagnole qui bataillaient derrière pour
passer...

- Ma tou sé qu'est ce qué y est transporrrte là dérrrière ?
- Ben non...
- Cinquante tonnes d'Acétylâtes.
- C'est quoi ?
- Ma c'est quelque chose qu'il est ixtrimement ïmflamâble ça tou sé !!
Qué si yé fait oune connerie avec lé volant on a pas lé temps dé faire
nos prières."
Bien sûr pendant qu'il disait cela et comme à chaque fois qu'il
m'adressait la parole il s'était tourné vers moi, ne regardait plus la
route et ne tenait plus le volant...

Alors après il a commencé à me parler des cisterciens parce qu'à coté de
Taizé il y a Cluny, l'ancienne capitale de l'ordre cistercien en Europe.
Et alors il me parle de St Bernard de Clairvaux qui a fait construire
des monastères dans toute l'Europe, tous absolument identiques :
"Ma tou sé tou ces connâards avec lé Mc donaâld, ma ils ont rien
ïnventé, hein ! Ma, c'est St Bernard lé prémier qu'il a ou l'idée dé
counstruire les mcdonald de la foi avec lé Fast-Pray et lé pray-drive et
tout lé bordel !!"

Et puis il en vient à me parler de sa conversion et il me dit :
"Yé mé suis rendou compte oune jour qué on peut mourrir à tout moment.
Par exemple imagine oune mec qué il croit qué il a oune cancer. Alore,
il va à l'hosspital pour faire lé examïns y tout lé bordel. Et
finalément lé doctore il loui dit qu'il a rien dou tout. Alore il est
content et il rentre chez loui et il lui reste plou qu'a traversé la rue
et là .... Il y a oune gros camione dé 40 tonnes d'acétylâtes qué lé
condouctor il né fait pas attention parce qu'il est en train dé discouté
dé métaphysique avec son copain français qu'il a pris en stop et paf, il
écrase lé mec !!! Tou vois : on pé mourrrir à tout moment  !!!!


Alors on arrive quand même à taizé avec notre bombe ambulante et
évidemment on trouve pas de place pour "lé camioné" (à Pâques il y a en
général dans les 5000 personnes). Alors après avoir traversé deux fois
la communauté sous le regard interrogateur des gens, je fini par lui
dire :
"bon arrête toi devant l'accueil je vais leur demander.
- ma tou lé connais là-bas ?
- Non mais ils ont l'habitude de recevoir des gens"

alors j'arrive à l'accueil me demandant quand même comment je vais me
débarrasser de ce gros boulet... et :
"bonjour jean-louis
- ... ???!!! (oui j'avais complètement oublié que Arnaud, un copain de
la prière de Taizé de Toulouse, à décidé de faire une retraite de un an
là bas. Ce jour là il était à l'accueil...)
- oh bonjour, je suis vraiment désolé mais j'ai un gros boulet pour
toi...
- quoi donc ? Qu'est-ce qui se passe Jean-louis ?
- je viens pour la livraison de nitroglycérine...
- Quoi, mais qu'est-ce que tu racontes ?
- Non, non rien... Euh tu vois le gros camion là bas, oui celui avec les
gros panneaux avec des flammes dessinées dessus ?
(alors là il a un peu pâlit)
- Non ! Jean-louis c'est pas possible il peut pas rester ! Tu dois lui
dire ! Dis lui qu'il peut passer une autre fois mais là c'est pas
possible !!!" (lui qui est d'une gentillesse absolue j'ai bien compris
qu'il avait vraiment un problème)

Alors finalement on a fait comme toujours à Taizé : on s'est garé un peu
plus loin et on a fait comme si rien n'était !!! Et tout s'est très bien
passé bien sûr! Même pas un grand boum pendant la nuit...

Bon alors 20 minutes plus tard après avoir fait mon inscription, je vais
manger et m'assoie à coté d'un groupe de personnes et, applique la
méthode classique de rencontre à Taizé : "sit and speak". Et... Je
rencontre ainsi le seul groupe de croates (5 personnes) présent à ce
moment à Taizé parmi les 4000 personnes présentes à ce moment là... Il y
a vraiment des jours où on dirait que Dieu est près à tout pour essayer
de nous faire croire qu'il existe... Bien essayé !


Tout a fait par hasard également on s'est retrouvé dans le même groupe
de travail... Et bon alors je crois qu'elles ont trouvée un peu étonnant
qu'un français passe sont temps à les bombarder de question sur la
Croatie mais bon... Il faudra quand même que quelqu'un m'explique
pourquoi les croates sont aussi jolies...

Bref, une semaine assez folle...
Je me suis quand même dégonflé pour le retour et j'ai pris le bus comme
un con, et je me suis ruiné.

pour achever de me redonner la pêche mon amie Mélanie est venu me voir
la semaine d'après...

Je vais arrêter là mon récit qui est déjà bien assez long !!!!

à Bientôt à tous

jl


01/06/07

Barcelona für ein Jahr!

Bonjour à tous,

Et ben oui voici mes dernières aventures. Ben c'est surtout la fin de
l'assistanat alors c'est un peu triste mais bon... Il y a aussi de bons
cotés.

Pendant une semaine on a fait la fête dans toute l'Allemagne entre
assistants pour fêter notre fin de contrat...

Mais on a aussi pu suivre nos élèves qui passe maintenant leur Bac
(Abitur). Ce qui est amusant c'est que le coté trés communautaire des
lycées allemand engendre tout un tas de traditions plutôt amusantes et
notamment les "abischerz"(littéralement blague de Bac) . Le premier dans
mon école a eu lieu deux semaines avant le début des épreuves. Tous les
élèves se sont pointés à l'école en tongues bermuda serviettes genre :
"on en a rien à branler du bac nous on est en vacances"
Au passage j'ai aidé un élève à préparer son oral de bac et le salopard
a eu "1+" soit la meilleure note possible. Il faut dire que son père est
prof de français et que je ne l'ai fait travailler qu'avec des articles
du Monde pendant 3 semaines !!! Il faisait un peu la gueule mais ça a
marché, mon tuteur m'a dit qu'il n'avait jamais entendu un aussi bon
oral de toute sa carrière (il a 62 ans...) !!
Alors après, il y a l'abischerz d'après le bac et là je dois dire que
s'il y avait des choses dont je me disais ici que ça ne serait pas
possible en France, là on a passé un niveau ! D'abord à 7h45 les élèves
prennent la clés du directeur et la planque ! Le directeur doit fouiller
toute l'école pour la trouver !! Puis deux heures de cours seulement
et... Un bar est monté au milieu de la cour : Bières et cigares gratuits
à volonté !!! Plus un espèce de taureau en mousse monté sur vérins
hydrauliques et commandé par une console. But du jeu : rester dessus le
plus longtemps possible ! Une bonne partie des profs y sont passés, moi
y compris, sous les acclamations des élèves ravis de voir leurs
enseignants se casser la figure !!
Il faut dire que cette année c'était un peu spécial car les élèves
avaient gagnés 1000€ lors d'une opération promotionnelle d'un grand
opérateur téléphonique. L'école a tout de même allongé 2000€ de plus
pour rincer ses élèves, on croit rêver !!!

Mais le gros évènement de juin c'est que je viens de déménager. J'ai
quitté ma petite résidence étudiante austère pour une énorme WG
(collocation). Une amie à moi qui est également assistante de français
vivait là depuis 7 mois et m'avait souvent invité pour des fêtes... J'ai
assez vite sympathisé avec ses collocs et me voilà maintenant installé !
Alors comment dire ? Vous voyez le film de Cédric Klapisch "l'auberge
espagnole" ? Eh ben voilà c'est ça ! (En allemand le film est traduit
sous le titre "Barcelona für ein Jahr").



Donc, 3 étages, sept personnes,
tout le temps la fête... En ce moment c'est les vacances et l'on est
donc "que" cinq... Moi compris : une polonaise, une allemande, un
allemand, une chinoise, un français... et mon amie assistante qui reste
jusqu'à dimanche et qui commence à avoir sacrement les boules. Je vais
donc très probablement appeler mon responsable pour être affecté ici
l'an prochain ! Le bonheur !



L'appartement est magnifique car c'est un vieux bâtiment, les proprios
n'entretiennent que l'extérieur et laissent les collocs faire ce qu'il
veulent de l'intérieur...



je vous embrasse tous,

Jean-Louis
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :